Articles

Affichage des articles associés au libellé troubles du neurodéveloppement

TDAH: Le mépris des autodiagnostics.

Image
( C et article, comme tous les autres articles de ce blog, est écrit par une personne concernée par le TDAH. Je ne suis pas psychiatre ni neuropsy. Juste une personne avec un TDAH diagnostiquée sur le tard. Chacun de mes propos n'engage que mon opinion subjective. Et aujourd'hui, j'ai envie de pousser un coup de gueule. ) J e lis constamment: " Les autodiagnostics de TDAH et HPI, c'est saoulant sérieux ! " Ou encore: " Ils veulent se rendre intéressants! "  " Les réseaux sociaux diffusent de fausses infos sur le TDAH ". Certaines figures publics qui ont énormément de followers en rajoutent aussi une couche.  Oui , on parle énormément du TDAH et oui, c'est une très bonne chose .  Malheureusement, comme tout sujet mis en avant, il fait aussi le lit des dérives ( il n'y a qu'à voir les pubs pour le safran ). Mais j'aimerais surtout m'attarder sur ce que disent les personnes en général. Qu'est-ce qui se cache derrière c...

TDAH : après le diagnostic, en parler ou pas ?

Image
Q uand on reçoit un diagnostic tardif de TDAH, il n’est pas inintéressant de se poser cette question : j’en parle ou je n’en parle pas ?
  Avec les proches, les amis, cela semble aller de soi ! C'est essentiel que notre entourage sache, au minimum, ce qu’est ce trouble qui régit notre vie, pour ensuite agir en conséquence.
 Ma première pensée, après le diagnostic, a d’ailleurs été :  « Maintenant, c’est aux autres de s’adapter. »  Quand on connaît le travail de suradaptation que les personnes avec TDAH savent fournir, et le prix que cela leur coûte, c’est une pensée qui vient naturellement ! Mais dans le cadre professionnel, ou lors de nouvelles rencontres, qu’en est-il ? Faut-il en parler ou se taire ? Vaut-il mieux cacher son TDAH et poursuivre le même processus de masking et de suradaptation  quand on sait toutes les conséquences psychologiques désastreuses que cela implique ?
 À ces questions, il n’existe pas de réponse évidente ni de solution simple.  C...

Avoir un TDAH et être une femme cis

Q uand j'ai régulièrement mes phases d'hyper-fixations obsessionnelles, j'ai honte .  Honte parce que ça déborde . Ce sont des centres d'intérêts spécifiques qui prennent une telle place que j'en parle pendant des heures à qui veut bien l'entendre.  Mes centres d'intérêts spécifiques sont peu nombreux mais je me plonge volontiers dedans avec un plaisir gourmand. C'est comme s'ils faisaient partie intégrante de mon identité. La seule chose qu'ils disent de moi, c'est qu'ils mettent tous en avant ce besoin de connexion émotionnelle unique avec les gens. Le besoin de les comprendre et créer du lien avec une authenticité quasi improbable à trouver.  On m'a toujours répété que j'étais trop, et pour les quelques fois où je laisse déborder mes émotions et où je pars dans un oversharing que je ne maitrise pas, je vois bien que ça fout la trouille . Parce qu'on se sent étouffé·e par les débordements d'une personne qui a trop à ra...

Être TDAH ou avoir un TDAH?

V ous ne m'en voudrez pas s'il y a des répétitions tout au long de mes articles. Ce n'est pas grave dans le fond. Une idée, ça se travaille et ça se revisite. Je n'ai aucune vérité ni connaissance absolue. Je considère qu'il est dangereux de toujours affirmer, au détriment du " je ne sais pas ".  Revenons-en au sujet principal de ce blog, le TDAH . Je suis récemment tombée sur un commentaire intéressant d'une personne me disant qu'elle n'aimait pas entendre " Je suis TDAH " au lieu de " J'ai un TDAH ", ajoutant même: " Je ne me résume pas à mon trouble! "  Ce propos circule déjà assez fréquemment sur les réseaux. Certaines personnes le soutiennent, tandis que d’autres affirment qu’elles " sont " leur TDAH, parce que leur cerveau fonctionne réellement différemment : leurs particularités neurobiologiques font intrinsèquement partie de leur manière d’être et de penser . C'est intéressant, parce q...

Le TDAH n'est pas sans H.

Image
C ’est une question qui commence à me titiller, car je la vois encore circuler sur les réseaux sociaux et même dans la vie, la vraie . Certaines personnes continuent de véhiculer le cliché d’une distinction entre TDA et TDAH , et il faut que je vous explique en quoi cela pose problème. On employait le terme TDA pour parler des personnes qui ont un TDAH à prédominance inattentive , en excluant l'hyperactivité . C'est comme ça que l'on pouvait d'ailleurs distinguer les TDAH à prédominance inattentive des TDAH à prédominance hyperactive. Le fait est qu’on s’est aperçus que le H ne peut pas être exclu. Si l'hyperactivité n'est pas physique, il y a deux possibilités : elle est soit mentale, soit masquée, soit dissimulée, compensée. Prenons l'exemple des petites filles TDAH. Souvent perçues comme rêveuses, dans leur bulle, elles ne font pas de vagues, on ne les entend pas. Elles ont pourtant un TDAH. C'est comme ça que beaucoup de diagnostics che...

Le TDAH, la mémoire et la dysrégulation émotionnelle

    A voir un TDAH, pour quelques un·es d'entre nous, c'est parfois souffrir de petits problèmes de mémoire à court terme. C'est oublier où se trouve le téléphone qu'on vient de poser il y a une minute. Oublier qu'on a mis le linge au sale et le laisser traîner dans la machine pendant quatre jours. Oublier ce qu'on a fait une heure plus tôt. Oublier pourquoi on est allé·es dans telle pièce. Oublier des instructions données à l'oral quelque temps plus tôt. Et ce, tous les jours . Par contre, grâce à quelques témoignages de personnes neuroatypiques, je remarque que, pour la mémoire à long terme, nous sommes quelques un·es à être assez surprenant·es. C'est un petit point en commun que l'on a avec certaines personnes avec TSA. S'il n'y a aucune preuve scientifique que la mémoire à long terme, voire l'hypermnésie, soient systématiques chez toutes les personnes neuroatypiques, je remarque que nous sommes quelques un·es à en avoir u...

TDAH et culpabilité

Image
  (Attention, le début de cet article comporte des détails assez gore sur la description d'un rêve.) J e trouve que les rêves, c'est souvent un bon indicateur de ce par quoi on passe dans notre vie. Dernièrement, j'en ai fait un d'assez particulier où je devais me faire opérer du cerveau. Opération bénigne mais qui me faisait pas mal flipper. Après avoir eu la tête rasée, je devais, comme pour toute opération du cerveau, rester éveillée. Puis quelques dizaines de minutes plus tard, je me sens glisser de la chaise sur laquelle j'étais assise et me suis retrouvée à moitié avachie par terre. Personne ne s'occupait de moi. La chirurgienne m'a dit alors que tout était fini, que je pouvais me relever et m'en aller. J'ai à peine eu le temps de me relever et de la voir s'en aller que j'ai senti un truc visqueux tomber de ma tête. C'était mon scalp. On m'avait mis des vis défectueux sur le crâne qui étaient censés me maintenir mon scalpe le te...

Mon TDAH, mes hyperfixations et moi

Image
C e qui a probablement fait que mon TDAH passe complètement inaperçu au reste du monde, comme à moi-même, pendant toutes ces années, c’est qu’ à chaque fois que mon trouble se manifestait, tout était fait pour le faire taire . C’était notamment le cas pour mes multiples obsessions ou hyperfixations . Il n’est pas rare, quand on a un TDAH, d’avoir en commun avec les personnes autistes le fait de développer des centres d’intérêt très intenses , ce qu’on appelle les hyperfocus , et de se documenter à fond sur un sujet jusqu’à ne penser qu’à ça, d’en parler des jours, des semaines, parfois des mois. Enfant, j’ai eu plusieurs hyperfixations qui ont suscité pas mal de désintérêt, voire d’agacement, chez mon entourage. « Oui, c’est bien mignon tout ça, mais reviens un peu à la réalité ! Redescends de ton nuage, la vie, ce n’est pas ta petite passion enfantine. »  La seule obsession que je dirais avoir été tolérée et même appréciée, c’est mon engouement pour l’univers de Tintin. J’ai gran...

Être une femme avec un TDAH

C e qui m’agace à chaque fois, c’est de lire ou d’entendre des témoignages de femmes qui, lors de leur passage chez des professionnels de santé, voient leurs souffrances complètement balayées d’un revers de main. «  Vous êtes fatiguée ? C’est psychologique.  » «  Vos règles sont très douloureuses ? C’est psychologique, vous êtes trop douillette.  » «  Vous pensez avoir un TDAH ? C’est dans votre tête, vous n’avez pas de TDAH.  » Et ça me met hors de moi. Parce que ces femmes-là, une fois qu’elles ont eu la force de revendiquer leur droit le plus légitime à exprimer un doute, une souffrance auprès d’un·e professionnel·le, perdent tout espoir et toute confiance en la médecine lorsqu’elles sont renvoyées sans réponse. Dans mon propre parcours, j’ai eu beaucoup de chance  : je n’ai consulté les professionnels de santé que je vois aujourd’hui que lorsque j’étais certaine d'être safe avec eux. Mais cela m’a demandé des mois de recherches, de conseils, de lectures, d’auto-se...

La légitimité du témoignage quand on est une personne concernée par le TDAH

" Du blabla validiste, comme d'habitude avec elle. Suivant. " C ette phrase, je l'ai lue dans un des groupes Facebook consacré au TDAH dans lequel j'ai partagé mon dernier article . Comme dans tout ce qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux, les remarques désobligeantes et sèches sont monnaies courantes. On m'a même dit qu'à partir du moment où je m'exprime en public, je dois m'attendre à des retours donc indirectement, à des retours de ce style. Pour autant, je ne suis pas d'accord. Je refuse de rentrer dans ce jeu, à plus forte raison quand la personne qui a écrit ce message a elle-même le TDAH et qu'elle sait ce que ça quand, avec un TDAH, quand on reçoit ce genre de propos abruptes, sans aucun argument derrière. La liberté d'expression, ça n'est pas l'insulte, ni le sarcasme gratuit sans remise en question. Ce monde est une jungle, mais ça n'est pour autant permis de se comporter comme des sauvages sans penser au...

Santé mentale, TDAH et pseudosciences : pourquoi l’esprit critique est vital

Image
Avertissement : je ne suis qu’une personne lambda qui émet une opinion. Je ne suis pas professionnelle de santé, mais une personne concernée par le TDAH, et je souhaite partager mon point de vue pour inviter à penser, réfléchir, et peut-être même remettre en question nos propres certitudes. S avoir qu'on a un TDAH, c'est un soulagement oui, et une colère immense aussi. Je l'ai mentionné dans le précédent article. Mais c'est aussi d'autres combats à mener. Celui de réhabiliter sa légitimité à être de ce monde, à avoir droit à du soutien. C'est le combat de repenser sa vie, de la recommencer presqu'à zéro . Si j'étais toute seule, je crois que j'aurais lâché la rampe.  Quand vous avez un entourage proche sain et stable, ça rend le quotidien beaucoup plus supportable. Attention, ça ne veut pas dire que tout va mieux, ça évite déjà de se retrouver au fond du fossé. C'est un équilibre vital. Et cet équilibre émotionnel sain et stable, je ne l...