Santé mentale, déni, validisme et bûche de Noël
Récemment, je suis tombée sur un post Insta d'une personne concernée qui souhaitait courage et force aux personnes passant leur Noël en famille. Parce que les fêtes de fin d'année, c'est pour beaucoup, une injonction à rester de bonne humeur, à subir les propos sexistes, validités et ainsi de suite ...
Faut dire que c'est le même refrain tous les ans. Noël est une fête universelle qui rassemble, ou tout du moins est censé rassembler les membres d'une même famille. Je vous épargnerais les traditionnels "c'est une fête commercial blabla". Y a pas si longtemps que ça, j'ai passé une bonne dizaine voire quinzaine de Noël seule. Parce qu'il n'y a plus ou presque plus de famille, parce qu'il y a eu et qu'il y a toujours la précarité. Parce qu'il y a eu la solitude. Pas la solitude recherchée et naturelle non. La vraie solitude. Et que j'ai développé une haine viscérale des bonnes réjouissances et des codes culturels collectifs, parce qu'ils ne prennent pas en compte les gens isolés, valides ou non-valides, pauvres ou pas pauvres, etc. La solitude, c'est pas un cas marginal. C'est un problème de santé public majeur. L'épidémie de solitude grossit d'année en année et la période des confinements n'a sans doute fait que la renforcer.
Alors oui, depuis que je suis en couple, il n'y a plus de Noël toute seule. La première fois que j'ai vu mon compagnon mettre les décorations un peu partout, sapin compris, j'avais pas vécu ça depuis de longues années. Si j'aime ça ? Pas vraiment avec la même candeur de mon enfance, mais c'est sympa, bien évidemment. Ce qui est encore plus sympa, c'est d'avoir la bonne personne à mes côtés, et ça vaut tous les Noël du monde.
Cependant, il y a autour de moi, autour de vous, autour de tout le monde, des personnes qui sont en pleine souffrance psychique, en pleine détresse. Certaines depuis peu, d'autres depuis des années. Une solitude choisie ou subite, mais une solitude néanmoins. C'est à ces personnes-là qu'il faut penser. Prenez des nouvelles de cette vieille amie d'enfance que vous avez toujours connue "un peu dépressive", ça vous coûtera rien de lui dire: "Hey, je sais que t'aimes pas Noël, mais je pense à toi." Envoyez un petit SMS à ce pote qui sourit devant tout le monde mais que vous savez orphelin ou célibataire, juste dites-lui "Je pense à toi". Quatre mots, c'est pas grand chose, mais pour les personnes seules, c'est une montagne. Une montagne d'amour. Avec quatre mots, vous ne ferez que juste dire à ces personnes-là: "Tu es dans ma vie, tu comptes et ce même si on se voit et s'appelle peu".
Bonnes fêtes de fin d'année à toustes.
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